La grande faune au Maroc : situation actuelle et éléments de stratégie pour Une meilleure conservation et valorisation (Maroc-Géoparc Jbel Bani)
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La grande faune au Maroc : situation actuelle et éléments de stratégie pour Une meilleure conservation et valorisation (Maroc-Géoparc Jbel Bani)

Par Mustapha Marraha, Chef dg Service de la chasse et de la cynégétique, HCEFLCD

1. Introduction

Le Maroc est l’un des pays les plus originaux de la région méditerranéenne du point de vue géographique, climatique et écologique et, par voie de conséquence, parmi les plus intéressants sur le plan biologique et biogéographique. La combinaison de tous ces facteurs a engendré une richesse et une variété de milieux qui se traduit par une diversité biologique remarquable. Cette diversité sans égal dans le bassin méditerranéen est appréciée par l’existence d’une quarantaine de grands types d’écosystèmes qui offrent des habitats à plus de 4 500 espèces de plantes vasculaires, près de 550 espèces de vertébrés et des milliers d’espèces d’invertébrés.

Cependant, cette exceptionnelle richesse naturelle est depuis plusieurs décennies soumise à la pression croissante d’une société en plein développement, à laquelle s’ajoutent les aléas climatiques, caractérisés par la succession de périodes de sécheresse. On assiste alors à la régression des 1y massifs forestiers, des zones humides, des écosystèmes naturels en général et à l’extinction rapide ou à la diminution de l’effectif des populations de nombreuses espèces.

Conscient de l’importance de la préservation de ce patrimoine naturel, le HCEFLCD s’est intéressé dès les années trente à la création de parcs nationaux en promulguant en 1934 un dahir permettant leur création. Ainsi, trois parcs nationaux ont été créés à ce jour :

• le parc national de Toubkal, créé en 1942 (Haut-Atlas central) ;

• le parc national de Tazekka, créé en 1950 (Moyen-Atlas au nord de Taza) ;

• le parc national de Souss-Massa, créé en 1991. Il est situé le long de la bande côtière entre Agadir et Tiznit.                                                                                                    

Actuellement, plusieurs autres parcs nationaux sont en cours de création pour couvrir la majorité des écosystèmes naturels du Maroc. Il s’agit des parcs d’Ifrane, de Talassemtane, du Haut-Atlas oriental, du Bas-Drâa et d’Al Hoceima. Un autre parc est en cours d’extension, celui du Tazekka.

En outre, des réserves naturelles ou biologiques ont été créées soit pour protéger un habitat spécifique telles que les réserves biologiques de Merja Zerga, Sidi Boughaba, Khnéfiss, Afnourir, qui sont des sites Rasmar (zones humides d’importance internationale pour les oiseaux d’eau) ou des réserves de faune telle que la réserve de Msabih Tlaa pour préserver l’unique population naturelle de gazelle Dorcas des plaines ouest-atlantiques.

2. Etude nationale sur les aires protégées

2.1. La régression de la faune sauvage

Comme nous l’avons mentionné en introduction, la faune sauvage marocaine a connu une très forte régression avec la disparition de certaines espèces, alors que d’autres sont devenues très rares voire menacées d’extinction.

Les espèces qui ont disparu au cours du siècle dernier sont :

1. Le lion de l’Atlas (Panthera leo). Ce grand félidé aurait disparu vers le milieu du siècle dernier. La dernière observation dans la nature date de 1930. Elle aurait été faite près du poste forestier d’Ouiouane, dans le Moyen- Atlas.

2. Le serval (Felis serval). Il aurait également disparu vers le milieu du siècle dernier. Deux peaux de ce félin ont été récupérées par des agents des Eaux et Forêts en 1942 dans la région du Bas-Drâa.

3. La gazelle leptocère. Cette espèce de gazelle aurait également disparu vers le milieu du siècle dernier. Le dernier spécimen aurait été tué par un braconnier en 1954 près de Boumia.

4. L’oryx algazelle (Oryx dammah). Cette antilope saharienne aurait disparu au cours du siècle dernier. La dernière observation date de 1956, dans la région de Saguia El Hamra.

5. L’addax (Addax nasomacglatgs). Cette espèce s’est éteinte au milieu du siècle dernier. Les dernières observations datent de 1941 (région de Bir Anzaren).

6. La gazelle Dama Mhorr (Gazella dama mhorr). Cette grande gazelle s’est éteinte également vers la fin des années cinquante.

Les espèces qui sont devenues rares et de ce fait menacées d’extinction sont les suivantes :

1. La panthère (Panthera pardgs). Les derniers représentants de cette espèce vivent dans la province d’Azilal et plus précisément dans les secteurs de Tizi N’ysli et de Boutferda.

2. Le phoque moine (Monachgs monachgs). C’est une des espèces les plus menacées de la faune marine marocaine. Elle est actuellement représentée par une petite colonie dans la région de Dakhla.

3. La hyène rayée (Hyena hyena). Les observations de cette espèce sont de plus en plus rares. Elle a disparu du Plateau central, du Moyen-Atlas, du Haut-Atlas et des hauts plateaux de l’Oriental où elle était notée il y a encore un vingtaine d’années. De petites populations délictuelles existeraient encore dans les régions sahariennes.

4. Le lynx caracal (Felis caracal). Il se distingue des autres félidés par les pinceaux de poils noirs qui prolongent ses oreilles. Le lynx Caracal n’est plus observé depuis de nombreuses années, et on peut se demander s’il n’a pas disparu.

ratel

5. Le ratel (Mellivora capensis). Ce petit carnivore vit dans le Sud-ouest et dans les régions sahariennes du Maroc. Il est devenu très rare.

6. Le chat des sables (Felis margarita). C’est également une espèce qui est devenue très rare.

7. Le guépard (Acynonys jgbatgs). Cette espèce n’est plus signalée depuis de nombreuses années. Elle est peut-être éteinte.

Les causes de la régression de la faune sauvage sont de deux ordres :

1. les causes naturelles qui se manifestent par des cycles de sécheresse répétés ;

2. les facteurs anthropiques dont les principaux sont :

• la dégradation des milieux, voire la disparition de certains habitats,

• la déforestation, estimée à 30 000 hectares par an,

• le surpâturage,

• le braconnage sous toutes ses formes,

• le développement du réseau routier et des moyens de transport qui ont permis l’accès aux zones les plus reculées.