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Blog Géoparc Jbel Bani
« Place folle » a-t-on dit !
Mustapha Laarissa Professeur de philosophie,
Université Cadi Ayyad, Marrakech
Résumé :
Topologiquement, la place Jamaâ El Fna se présente comme une sorte de triangle sans contour. Elle constitue à cet égard un lieu de transition vers l‘ailleurs, lequel ailleurs, constitue ici un véritable centre de gravité. Jamaâ El Fna n‘existe que dans sa tension désirante envers d‘autres espaces voire d‘autres temps ; elle déborde ainsi la seule sphère arabo-musulmane où nous avons coutume de nous reconnaître, elle nous offre entre autres la chance de revisiter notre inconscient collectif et notre scène primitive ; la chance aussi pour retrouver notre dimension dionysiaque à l‘ombre de l‘insupportable volonté de sérieux qui façonne nos jours ; la chance enfin pour embrasser la légère et créatrice folie non seulement d‘une place, mais de notre vie , une autre manière sans doute d‘adhérer à la pluralité de la cité rouge : Marrakech…
Je suis partagé, je l‘avoue, entre le plaisir de prendre part à cette parole partagée à propos d‘un lieu magique et la crainte de lui substituer, comme tant d‘autres, mon récit inévitablement fictif à son tour. J‘avoue aussi que j‘ai beau essayé d‘écrire, à ce dessein, un texte ‗‘conséquent‘‘ et ‗‘raisonnable‘‘ mais je n‘ai pas réussi. J‘ai peut-être réussi à me rendre compte de l‘impossibilité d‘un tel texte. Peut-être que Jamaâ El Fna nous joue des tours, nous oppose ses résistances, et que ses muses gardent jalousement ses secrets : ‗‘Tu resteras-me disent elles- dans l‘éloignement absolu, l‘instant même où tu cèdes à la naïveté du regard et au leurre de la proximité‘‘ (étant moi-même de Marrakech). Je me suis donc fait une raison pour accepter définitivement que le ‗‘secret‘‘ le ‗‘sirr‘‘, (en arabe, le mot réunit à la fois : secret et charme), un certain ‗‘sirr‘‘ est foncièrement lié à ce « lieu » et « non-lieu » à la fois appelé Jamaâ El Fna.
Ce titre : ‗‘La place folle ‗‘, je ne l‘ai pas inventé, je l‘ai emprunté volontiers aux frères Tharaud ; il leur sert d‘intitulé au cinquième chapitre de leur ouvrage- fiction : ‗‘Marrakech ou les seigneurs de l‘Atlas‘‘, ouvrage aux yeux d‘un lecteur d‘aujourd‘hui- contestable sur plusieurs points et dont la stratégie relève d‘un contexte que tout le monde sait : le contexte colonial plus précisément, mais là n‘est pas notre question !
Jamaâ El Fna, place folle ? Jamaâ El Fna en étroite parenté avec la folie ? Pourquoi pas après tout ! Place ‗‘folle‘‘, place de ‗‘l‘étrangeté‘‘, place des‘ vices‘‘ et des ‗‘risques‘‘, place où le désordre éclate au grand jour déployant ses ailes, place des mille couleurs, mille odeurs et mille figures menaçant la sage raison qui devait, doit, devra maintenir la ville sous ses signes, et bannir toute forme de démesure.
Etrangeté attestée, folie assumée, comment en rendre compte ? Dans quel langage et par quels signes les faire transiter ? Et, une voix me chuchote à l‘oreille : « Surtout pas dans le langage de la raison ! ». Nous savons bien ce qui advient de la marge quand elle est prise dans la langue de la Loi, de la ‗‘ raison‘‘, toujours raison des ‗‘ uns ‗‘ contre des ‗‘autres‘‘. Il y a donc nécessité vitale de ruser avec tout cela, de tromper la vigilance de la loi pour que le discours qui viendrait prendre en charge la folie de la place sache d‘avance à quelle fin il se livre, et quel risque le guette….
Reprenons le fil et demandons-nous : en quels termes faudrait-il évoquer ce lieu, qui n‘a cessé depuis des siècles d‘être à l‘origine d‘une pluralité de textes et de récits, la source d‘une diversité de pratiques, de fictions et de silences, car beaucoup parmi ceux qui vivent à fond ce lieu en parlent peu ou pas du tout ?! La part fictionnelle du lieu - essentielle à son existence même- expliquerait pourquoi le rêve à propos de ce lieu-là justement a toujours précédé tout discours le concernant. Jamaa El Fna a toujours été rêvée : écrivains, enfants, femmes et hommes, politiciens, touristes font partie du long cortège des rêveurs. Place donc rêvée ou mieux encore fantasmée avant d‘être relatée dans un récit, un programme, une volonté de traversée, comme si celui qui est appelé à appréhender la place s’y trouve déjà les pieds enfoncés et l‘être aspiré par le grand flux d‘imaginaires consubstantiels à la place qui, à vrai dire, n‘en est pas une. Voilà pourquoi, me semble-t-il, chaque parole, chaque écriture, chaque essai, chaque ébauche (rendant par- là même un hommage à tous ceux et à toutes celles qui se sont essayés à l‘épreuve) : toutes ces formes discursives se trouvent atteintes dans leur volonté de ‗‘ saisir‘‘ l‘essentiel, de connaître et de dévoiler l‘ultime sens du lieu.
J‘ajoute donc à la longue série des fictions déjà existantes la mienne, et je dis brutalement : « Jamaâ El Fna n‘ existe pas », et quand elle existe, elle est déjà prise dans le filet de notre imagination. Ce lieu est donc toujours déjà- reconstruit ; le préfixe ‗‘re‘‘ est ici lourd de conséquences : il suggère bien un travail -conscient ou non- de remodelage, de recomposition, d‘agencement d‘un lieu et de fixation de choses en son sein…N‘admettons pas l‘idée, ou l‘image de Jamaâ El- Fna, comme ‗‘ place‘‘, et par-dessus le marché comme place limitée pour ne pas dire close ?
Renonçons donc à cet imaginaire de l‘espace clos à propos de Jamaâ El Fna ! Revisitons-la à partir de l‘ensemble ouvert où elle baigne, ensemble dont les points de fuite (derbs, ruelles, artères environnants, etc.) constituent ce lieu et en tracent en pointillé un simulacre de place. Nous aurons donc suite à ce déplacement de regard, un non-lieu plutôt qu‘un lieu, un support spatial qui se remplit et se vide sans cesse, se fait et se défait sans arrêt et selon une ‗‘loi‘‘ du hasard rebelle à tout esprit programmatique. L‘agitation sans forme est là, le flux des masses célébrant un idéal de flânerie inouïe aussi. Pas de visage, de forme théâtrale ou de récit qui s‘éternisent ou demeurent les mêmes. Par conséquent, fixer Jamaâ El Fna dans une image ou la lier à un personnage, un acte, une fonction est périlleux. Ce serait-là un acte qui couperait cours à l‘immense chance que nous avons de rendre visite à notre Inconscient collectif sur fond d‘un espace singulier où nos désirs suspendus, nos hantises retenues et nos projections bizarres et attendrissantes à la fois, éclatent au grand jour.
Jamaâ El Fna voisine avec la grande et bien visible Koutoubia, évidence frappante qui cependant nous échappe souvent. Voisinage problématique aussi car on ne saurait envisager l‘un sans l‘autre et sans ce face à face silencieux entre les deux. L‘historien marocain Ahmed Taoufik évoque ce rapprochement par une belle formule à portée anthropologique : « C‘est la fête ؽdit-il- au pied du Temple », phrase suggérant à plus d‘un niveau la complexité du lien entre sacré et profane…
Autre hasard qui doit inciter à une méditation : Jamaâ El Fna emprunte son nom à la mosquée (jamaâ); des historiens évoquent un projet- interrompu- de construire une mosquée sur la même place par Ahmed Al Mansour : c‘est déjà une raison pour parler de ‗‘ Jamaâ …El Fna‘‘. Mais on pourrait dire tout simplement que le mot Jamaâ signifie étymologiquement le lieu de réunion. Ainsi mosquée et place s‘unissent dans une même fonction : permettre un rassemblement quoique éphémère certes. Cette ambiguïté, heureuse à mon sens, permet déjà, à elle seule, de repenser la vieille dichotomie entre espace du sacré et espace du profane. En effet, des niveaux de sacralité peuvent être présents ça et là. Un dikr, une louange du prophète déclamée sur la place, n‘est-ce pas là une envolée vers le sacré ? Une psalmodie de versets coraniques en pleine maison de Dieu n‘est-ce pas une manière de reloger l‘extase là d‘où elle est censée se retirer ?
Qu‘est-ce que je voudrais rapporter à mon tour au récit relaté par Al Youssi, ce grand savant religieux, qui sur son chemin pour la grande mosquée, du temps de sa jeunesse, raconte qu‘il lui arrrivait de transiter par Jamaâ El Fna pour écouter les « maddahines » (chanteurs faisant des louanges du prophète Mohamed), pour se trouver dans une halqa tenue par un vieux conteur racontant des anecdotes sur différents habitants du Maroc et faisant rire, à coups d‘autodérision, l‘assistance…
Ce détour rappelle tout simplement que la culture savante, symbolisée ici par la présence de la mosquée- destination déclarée de notre pieux faquih - ne peut venir à bout d‘autres attentes : Jamaaâ El Fna, elle, s‘en charge à merveille. Et si le désir d‘écouter les maddahines (qui chantent et s‘extasient quand même) n‘était qu‘une ruse à l‘insu de notre illustre Alem (savant religieux) pour tromper la rigueur de la doctrine malékite, dominante à son époque, autour de lui, comme en lui sous forme de code d‘existence à observer ? Du terme Jamaâ étrangement équivoque à ce propos, on peut remonter à la racine verbale jama‘a (rassembler). Décidémment, le pluriel en est la part fatale et toute unicité de discours butera sur l‘infini des possibles récits : ceux qui existent déjà ou ceux que le temps promet.
Topologiquement, la place se présente comme une sorte de triangle sans contour, sachant bien la magie propre à toute forme triangulaire. Elle constitue à cet égard un lieu de transition vers l‘ailleurs, lequel ailleurs constitue ici un véritable centre de gravité. Jamaâ El Fna n‘existe alors que dans sa tension désirante envers d‘autres espaces voire d‘autre temps ; elle déborde ainsi la seule sphère arabo-musulmane où nous avons coutume de nous reconnaître. A chaque pas et à chaque instant scintillent l‘appel d‘un dehors depuis la plénitude du dedans, aussi bien que l‘attrait d‘une limite qui ne cesse de reculer et de nous induire dans l‘épreuve de l‘indéterminé : désir, plaisir, émerveillement, incompréhension, théâtralisation du même et de l‘autre, et ces cultures dites « populaires» que nous connaissons et nous ignorons à la fois, ces identités qui nous sont proches et lointaines, et dont l‘éloignement n‘est que le fruit amère d‘un acte de partage entre loi et marge, centre et périphérie, ville et campagne , citadins et ruraux . Gigantesque et généreux ventre que Jamaa El Fna, accueillant mille figures de l‘étrangeté dont à titre d‘exemple ces Issawa, nés pour la transe qui, en mystiques exaltés choisissent de se situer au cœur du dogme partagé et qui l‘excèdent sans le vouloir par un débordement qui rappelle la puissance d‘une hybris de tout temps condamnée. D‘autres singularités sans nombre se succèdent sans jamais se répéter, peuplent la scène et rendent dérisoire toute focalisation sur tel ou tel personnage, tel ou tel nom, telle ou telle bouffonnerie savamment entretenue.
Jamaâ El Fna, théâtre de l‘oralité par excellence !? Soit ! Mais, encore une fois, qui peut prétendre trancher la question du rapport subtile et fort compliqué entre l‘oralité déployée à Jamaâ El Fna et certaines formes de littérature écrite voire bien écrite telles les Milles et une nuits, recueil ancestral devenu au fil du temps
l‘emblème de la place grâce ou à cause de la figure parfois réductrice du conteur. Et même attestée, cette oralité tellement choyée par nos lettrés n‘est peut-être pas l‘essentiel, parce qu‘ à Jamaâ El Fna, il y a plus, et d‘abord et de manière brute et immédiate cette présence des corps humains, avec toute leur pesanteur charnelle et indomptable : corps qui suent, désirent et goûtent à tout, corps qui se bousculent, se tiraillent, se frottent et se laissent presque broyer par le mouvement des flux au point d‘en jouir malicieusement, même lorsqu‘ils s‘en défendent.
Il faut être voyou et oser l‘être sciemment pour se rendre compte des ingrédients de la scène. Etre voyou, mise à part toute charge péjorative : voilà une condition nécessaire et qui appelle à être assumée pour réussir la descente dans l‘infernal paradis faussement plat qu‘est ce lieu. Temple de la sensualité est Jamaâ El Fna. Elle l‘est sans détour ! Espèce de corps sans organes où les corps organiques par de là les lois morales qui planent sur la cité- viennent trouver exutoire à leurs petits plaisirs furtifs, des plus « innocents » aux plus « pervers ». Restauration ou plutôt bouffe, sensualisme, drague, encanaillements, dépenses inutiles de temps et d‘énergie : tant de manières par lesquels le corps ce grand exclu de notre culture « sérieuse »- exerce son droit à être, et à être tel qu‘il est dans sa matérialité irréductible. Vertigineuse souveraineté du corps ؽRoi qui trône à la place, défiant cadres et procédures de refoulement installés depuis des temps lointains.
Vu sous cet angle, Jamaâ El Fna ne présenterait-elle pas ainsi une avalanche de chances pour nous originaires de cette contrée culturelle ? Chance pour nous réconcilier avec des parts disqualifiées de nous-mêmes ; chance pour revisiter sous une forme moins dramatique notre inconscient collectif et notre scène primitive et non pour retracer le profil d‘une prétendue pathologie sociale ; chance aussi pour retrouver notre dimension dionysiaque à l‘ombre de l‘insupportable volonté de sérieux qui façonne nos jours ; chance enfin pour embrasser la légère et créatrice folie non seulement d‘une place, mais de toute une vie , autre manière possible d‘adhérer à la pluralité de la cité rouge : Marrakech .
Conclusion
Quel devenir pour ce patrimoine culturel immatériel ? Comment évaluer ses enjeux dans le contexte actuel ? Ses détenteurs ne sont-ils que les vestiges d‘un monde voué à disparaître, des « fossiles culturels », dont on doit archiver les propos, les gestes, les savoir-faire, dont le temps ne fait que creuser l‘anachronisme ou au contraire, peuvent-ils accompagner le monde qui est le nôtre, le régénérer même et le revivifier à la lumière d‘une tradition ré-inventée?
Cet ouvrage est un plaidoyer en leur faveur mais loin de prétendre apporter une réponse définitive à cette question, il tente grâce aux patriciens et responsables en charge du patrimoine culturel immatériel, dans leurs institutions respectives, de dresser un état des lieux des actions menées ou non en faveur de l‘identification et de la sauvegarde de ce patrimoine, dans différentes pays comme le Canada, la France, le Mali, le Royaume-Uni, la Tunisie ou le Maroc, notamment.
Il esquisse, à travers la contribution de plusieurs chercheurs, les enjeux de ce nouveau paradigme patrimonial qui dépasse les monuments et les sites pour s‘élargir à la culture vivante dite « traditionnelle ». Celle-ci nécessite, d‘une part, une approche dynamique du patrimoine, ancrée dans le présent et d‘autre part, un consensus social, en relation étroite avec le concept de « communauté ». Car ce qui se dessine derrière ce concept de patrimoine culturel immatériel, va bien au-delà de son objet, il engage la légitimité même des acteurs jusque-là délégués à l‘identification et à la protection du patrimoine. Dans ce contexte, nous rappellent diverses contributions, la valeur patrimoniale d‘une pratique ou d‘une manifestation n‘est plus censée être établie seulement par les détenteurs d‘un savoir spécialisé, mais par l‘ensemble des porteurs de ce patrimoine que l‘Unesco désigne dans la convention de 2003, par la notion de « communauté ».
Dans cette perspective, l‘implication de la société civile dans les processus décisionnels publics devrait contribuer au renforcement du modèle de gouvernance que sous-tend un tel paradigme patrimonial, en principe réfractaire aux choix politiques qui seraient imposés par le « haut », en particulier par une autorité administrative extérieure au contexte de la décision.
Mais rappellent avec force, d‘autres chercheurs dans cet ouvrage, la patrimonialisation même participative a un prix. En introduisant un écart, une « distorsion » entre ce patrimoine dûment reconnu et la communauté qui lui a donné naissance, elle le « déterritorialise ».
Certes, la patrimonialisation reste le passage obligé vers la reconnaissance et la sauvegarde. Elle se manifeste au travers de nombreux signes qui vont de la valorisation des métiers et savoir-faire en voie de disparition, aux festivals de chants et de danses qui fleurissent ici et là… Dès lors, le patrimoine culturel immatériel se reproduit à n‘importe quel endroit de la planète et s‘il garde un lien avec son ancrage spatial, cette mobilité nouvelle et la marchandisation de la culture qu‘elle induit n‘en ont pas moins des effets décisifs, sans doute inhérents au processus même de patrimonialisation.
La Place Jamaâ El Fna de Marrakech est à cet égard emblématique et c‘est la raison pour laquelle elle a fait l‘objet d‘une attention particulière dans cet ouvrage. Proclamée patrimoine oral et immatériel de l‘humanité en mai 2001, puis incluse dans la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l‘humanité mise en place par la Convention de 2003, cet espace doublement reconnu puisqu‘il fait partie intégrante de la médina, inscrite sur la liste du patrimoine mondial depuis 1985, permet de poser de manière particulièrement aigue, la question de la liaison entre les deux conventions de 1972 et de 2003.
Outre la spécificité de cette Place et l‘articulation pour le moins délicate des politiques d‘aménagement urbain et des politiques culturelles en vue de la double préservation de son cadre physique et de son patrimoine immatériel, Jamaâ El Fna subit de plein fouet les assauts conjugués du tourisme et d‘une mondialisation déferlante dont cet ouvrage tente de circonscrire l‘impact mais aussi de remonter, en amont, vers le sens originel de cet espace, pour mieux en décrypter le sens, dans le contexte actuel.
Préserver le patrimoine culturel immatériel de la Place Jamaâ El Fna de Marrakech ou d‘autres contrées et cultures à travers le monde, dans le sillage de la Convention de 2003, nous appelle à l‘impérieuse nécessité de l‘identification, la connaissance et la valorisation de ses précieux détenteurs. Cela passe par un préalable fondamental sans lequel toute cette culture réduite à l‘état de « fossile » n‘intéressera plus que les muséologues et les historiens : la transmission. Depuis quelques années, la mise en place progressive, dans un certain nombre de pays, de systèmes nationaux de Trésors humains vivants, sous l‘égide de l‘Unesco, constitue sans nul doute, une alternative réelle à la perte irrémédiable de pans entiers du patrimoine immatériel de l‘humanité. Sans apporter une solution définitive et complète aux problèmes des droits sociaux des détenteurs du patrimoine immatériel et de la transmission de leurs savoirs et savoir-faire, il peut constituer une sorte de locomotive pour tirer vers le haut des pans entiers aujourd‘hui en voie d‘extinction.
Ahmed SKOUNTI & Ouidad TEBBAA
Le 07/01/2025
Source Web par : Livre "De l’immatérialité du patrimoine culturel"
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