Ecosystème végétal : inventaire sommaire des plantes de la province de Tata
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Partenariat entre le Laboratoire de Botanique, Mohammed El Wartiti Président du  Laboratoire de géologie appliquée et Simon Patrick

WIGET4-TATA, 2014

Les Acaciaies, joyaux du revers méridional de l’Anti-Atlas et de la vallée du Drâa

Ahmed El ABOUDI* & Jean-Paul PELTIER*** Simon Patrick***

Géoparc Jbel Bani

* Université Mohammed V, Faculté des Sciences, Département de Biologie, BP 1014,

Rabat,Maroc. < elaboudi07@yahoo.com>

Simon Patrick “simon.patrick9340@gmail.com

**6, place de la Commune 38130 Echirolles. jpaul.peltier@gmail.com

La région de Tata et plus généralement le revers méridional de l’Anti-Atlas et la vallée du Drâa est célèbre par la présence de peuplements relictuels à Acacia. Ils soulignent l’intérêt biogéographique de la région qui a servi de refuge aux espèces tropicales atteignant ici leur limite septentrionale extrême. En effet, les Acacias et les espèces de la savane désertique associées (Balanites aegyptiaca, Cocculus pendulus, Maerua crassifolia, Capparis decidua, Panicum turgidum, Pennisetum divisum, etc.) représentent les restes de la dernière extension d’une végétation de type sahélien en Afrique du Nord. Elle date d’un Holocène moyen plus humide que l’on peut situer vers 6-10 kyr BP.

L’Acacia est l’arbre-roi du sud marocain qui comporte quatre espèces: Acacia tortilis subsp. raddiana, Acacia ehrenbergiana, Acacia gummifera et Faidherbia albida.

Description et localisation des quatre espèces Acacia raddiana (le talha ou tehl) est le taxon arborescent majeur des régions sud du Maroc, le symbole du désert en Afrique du Nord. Cet arbre mythique, de grande plasticité écologique (il colonise les régions recevant entre 50 et 1 000 mm de précipitations annuelles), peut atteindre 20 m de haut. Il est reconnaissable à sa cime généralement aplatie et étalée (port en parasol), son écorce rugueuse fissurée, grise ou brun rougeâtre à noirâtre, à ses épines blanches par paires sur les rameaux jeunes (épines stipulaires) plus longues que les feuilles. Il possède des glomérules de fleurs de couleur blanche à jaunâtre pâle et des gousses contournées à spiralées, de 0,6 à 1,3 cm de large, glabres ou presque. De souche tropicale, Acacia raddiana prospère sur des zones de cailloutis et d’alluvions correspondant à des terrasses ou des zones d’épandage Il atteint vers le nord les environs de Guelmin, dépasse largement Tata et Foum Zguid et correspond à une savane à climat per-aride (saharien) au sens d’Emberger.

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Acacia ehrenbergiana (le tâmat), longtemps appelé à tort Acacia seyal, est un arbuste de moins de 4 m à écorce brune, rugueuse se détachant en lambeaux papyracés, ramifié dès la base, d’où son port général en V. Les épines stipulaires droites et blanches sont plus longues que la feuille. Les fleurs, réunies en glomérules, sont de teinte jaune vif et la gousse, large de 5 mm est droite ou plus ou moins falciforme. Dans la région, Acacia ehrenbergiana est plus localisé. Des individus sont régulièrement disséminés au sud d’une ligne allant d’Aouinet Torkoz jusqu’au delà de Tissint et ils ne franchissent le jbel Bani vers le nord que par la trouée d’Imitek. Cet arbuste est surtout abondant au sud du jbel Ouarkziz où une véritable savane désertique colonise les zones d’épandage à texture légère et des banquettes alluviales qui correspondent à des processus d’écoulement et de stagnation d’eau après les pluies.

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Acacia gummifera (le taddut, lâddûl) est exclu de la zone où se développent les Acacias de la savane désertique. Le Gommier marocain est un arbre à cime globuleuse très ramifié qui peut atteindre 6 m de hauteur, mais le plus souvent les individus sont buissonnants. Les épines stipulaires sont courtes (10-15 mm) droites ou recourbées, rouges au début, puis blanchâtres. Les fleurs sont jaunes et les fruits de longs légume de 10-17 cm solitaires ou groupés par 2-3, linéaires, droits ou peu arqués veloutéstomentaux. Acacia gummifera est signalé en situation rupicole au NE de Messeïed et à l’W d’Amot. L’espèce est aussi présente sur les rives des oueds Boualaga, Aabar et Farah. Ces localités jalonnent la limite méridionale extrême de cette endémique marocaine qui se situe donc au delà de l’oued Drâa.