Ahwach: Vers une reconnaissance en tant que patrimoine immatériel
le géoparc du jbel bani - tata

Vous êtes ici : Accueil > Les Folklores de TSGJB – AMDGJB > L'Ahwash > Ahwach: Vers une reconnaissance en tant que patrimoine immatériel

GJB

Ahwach: Vers une reconnaissance en tant que patrimoine immatériel

Baroud d'honneur pour le Festival national des arts d’Ahwach qui s'est tenu à Ouarzazate du 10 au 12 août. Une 6e édition qui a permis de mettre en avant la diversité culturelle de Drâa et Tafilalet, mais aussi de toutes les régions où Ahwach fait partie intégrante de la culture et de l’identité sociale.

Une vingtaine de troupes d’Ahwach composées de plus de 700 artistes, venues de plusieurs régions du Maroc, ont ainsi fait la démonstration de leur talent pour le plaisir des yeux et celui des amateurs de cet art. Organisé par le ministère de la Culture et de la Communication, en partenariat avec la province d’Ouarzazate, le Conseil régional de Drâa-Tafilalet, le Conseil provincial et la Commune de la ville, le festival a pour thème cette année «Les arts Ahwach au service du développement».

En effet, cet art, qui représente la culture et l’histoire des tribus de plusieurs régions du Maroc, pourrait devenir, selon plusieurs spécialistes, une locomotive de développement, et ce, à travers sa valorisation et sa reconnaissance en tant que patrimoine immatériel de l’humanité.

ahwach-2

Le festival valorise les arts Ahwach à travers une mise en valeur de ses composantes artistiques et culturelles. Les organisateurs de l’évènement ont mis l’accent cette année sur les artistes à travers la consécration de quelques grands noms de cet art comme Ija Ouragh et Ali Arzoud, deux figures emblématiques qui ont participé tout au long de leurs parcours artistiques au rayonnement des arts d’Ahwach. Cette 6e édition a été aussi une occasion de mettre la lumière sur les composantes des arts d’Ahwach et leur évolution à travers le temps.

Un colloque scientifique avec la participation de professeurs chercheurs dans la langue et la culture amazighes a permis de démontrer la richesse ethnologique et l’importance d’Ahwach pour l’identité nationale. «Malheureusement, l’art d’Ahwach est victime de sa folklorisation. Il est important de reconnaître Ahwach en tant que socle de la société tribale des régions qui le pratiquent. Beaucoup plus qu’une danse, Ahwach est un réservoir de connaissances sur l’histoire, les coutumes et les liens sociaux qui gèrent encore à ce jour la vie quotidienne des tribus», note Brahim Oubella, professeur chercheur spécialiste de la culture amazighe et poète.

ahwach-3

En effet, Ahwach se pratique dans la région de Souss, Al Haouz, Drâa jusqu’à Assa Zag, Demnat et le grand et Anti-Atlas. Ce territoire vaste représente autant de ressemblance que de diversité dans les coutumes, merveilleusement illustrées par la multitude de figures artistiques d’Ahwach. La connaissance de cette richesses, où chaque geste, chaque son, chaque vers sont puisés dans l’histoire des tribus de ces régions, permet de constater l’importance de la pratique de cet art. Pour les fervents défenseurs d’Ahwach, celui-ci est loin d’être un simple spectacle de chants et de danses, effectué lors des évènements heureux et des fêtes. Sa poésie et ses paroles sont pleines de sens.

Célébrant les évènements heureux et les occasions de fête, il permet aussi de dénoncer une injustice sociale ou un phénomène qui touche le quotidien de la tribu. Ahwach véhicule également les messages issus de la sagesse collective à travers la symbolique et les figures linguistiques propres à cet art. D’ailleurs, l’histoire confirme ce rôle, notamment lors des périodes de conflits ou de guerre. Pendant la période du Protectorat, Ahwach a joué par exemple un rôle déterminant pour défendre le territoire des Aït Atta.

ahwach-4

Bien qu’il y ait une ressemblance entre les différents styles d’Ahwach, il y a des particularités qui caractérisent chaque région et chaque style comme les instruments, les rythmes musicaux, la chorégraphie, le chant, la présence des femmes ou non. Les voix aiguës ou graves des chanteurs de la troupe permettent ainsi de savoir si la tribu vit dans la montagne ou dans une plaine. La présence de matériaux comme le bois, le cuir ou les métaux détermine aussi la provenance de la troupe (Ph. SB)

La performance d’un spectacle Ahwach obéit à des rituels bien déterminés et nécessite des composantes essentielles. Ainsi, le spectateur d’Ahwach, «Aghdoud», est un ingrédient clé pour la réussite d’un spectacle. Il est important qu’il soit connaisseur des fondamentaux d’Ahwach et comprenne les messages, surtout que plusieurs styles d’Ahwach se déroulent sous forme d’échange avec le spectateur ou de dialogue entre les membres de la troupe. C’est cette complexité des fondamentaux, de la performance et des symboles des arts d’Ahwach qui en fait un patrimoine national précieux qu’il est important de valoriser et de protéger, surtout qu’il disparaît peu à peu avec la disparition de ses figures les plus connues.

Quelques initiatives dans ce sens expriment la volonté de faire revivre le patrimoine et de faire en sorte de le perpétuer auprès de la jeunesse. La direction régionale de la culture et de la communication au Drâa-Tafilalet, en partenariat avec l’Université Ibn Zohr, amorce le début d’un travail de documentation et d’archivage des arts d’Ahwach à travers des enregistrements vocaux et vidéo, et des recherches universitaires.

«Les écoles et les colonies de vacances à thème sont un bon moyen de perpétuer les arts Ahwach, via un programme scolaire ou des ateliers d’apprentissage pour les enfants», propose Rachid Oubghaj, professeur chercheur dans la langue et la culture amazighes. Il y aurait même un dossier en préparation pour présenter les arts d’Ahwach comme patrimoine immatériel de l’humanité à l’Unesco. Une démarche qui pourrait amorcer une réelle valorisation de ce patrimoine longtemps confiné au statut de folklore.

Ateliers et formation dans les arts Ahwach

En marge du Festival national des arts d’Ahwach, deux ateliers ont été organisés et animés par des figures célèbres de ces arts, avec une soirée dédiée à la poésie amazighe. Ainsi, un atelier sur les instruments musicaux a été animé par Ali Boumendil, formateur et artisan spécialiste des instruments utilisés dans Ahwach depuis plus de 20 ans. Un deuxième atelier, destiné à l’apprentissage des figures artistiques d’Ahwach par la jeunesse, a été animé durant trois jours par Mohamed Derkaoui, artiste attitré et reconnu de la troupe d’Ahwach de Sidi Daoud à Ouarzazate.

Publier Le  22/08/2017

Source web Par l'économiste

Imprimer l'article

Les articles en relation

Tafraout : La Kasbah de Tazka inscrite sur la liste du Patrimoine culturel national (Géoparc Jbel Bani)

Tafraout : La Kasbah de Tazka inscrite sur la liste du Patrimoine culturel national (Géoparc Jbel Bani) La Kasbah de Tazka (Toughanj) à Tafraout, dans la province de Tiznit (Anti-Atlas), a été inscrite sur

Savoir plus...

Paléontologie

Paléontologie La paléontologie est la discipline scientifique qui étudie les restes fossiles des êtres vivants du passé et les implications évolutives de ce

Savoir plus...

LA DANSE AHWACH DE TISSINT (Géoparc Jbel Bani)

LA DANSE AHWACH DE TISSINT (Géoparc Jbel Bani) Ahwach Tissint, un duel poétique, un rituel de mariage Vaste territoire, la Région Souss Massa réunit une grande diversité de cultures et un patrimo

Savoir plus...

Erfoud célèbre l’art du beldi et le patrimoine marocain lors de son festival national

Erfoud célèbre l’art du beldi et le patrimoine marocain lors de son festival national La ville d’Erfoud, située dans la province d’Errachidia, accueillera les 13 et 14 septembre la deuxiè

Savoir plus...

Jebel el Kest: A stunning day in the Moroccan Anti-Atlas

Jebel el Kest: A stunning day in the Moroccan Anti-Atlas The ascent of Jebel el Kest in Morocco’s Anti-Atlas is a stunning day in remote mountains – one of the very best hill days. Cicerone’s Publisher, Jonathan Wil

Savoir plus...

La superbe palmeraie de Tioute, un véritable havre de paix (Géoparc Jbel Bani)

La superbe palmeraie de Tioute, un véritable havre de paix (Géoparc Jbel Bani) Après la visite de Taroudant, nous sommes allés nous promener dans la superbe palmeraie de Tioute située à seule

Savoir plus...

L’Anti-Atlas, une montagne marocaine méconnue. Découverte d’un riche patrimoine* de André Humbert & Herbert Popp

L’Anti-Atlas, une montagne marocaine méconnue. Découverte d’un riche patrimoine* de André Humbert & Herbert Popp Par Jean-François Troin Deux géographes, André Humbert (Uni

Savoir plus...

Magnifique cratère d'impact dans le Sahara vu de l'espace

Magnifique cratère d'impact dans le Sahara vu de l'espace Les images satellite, toujours plus précises et spectaculaires, nous révèlent souvent d’étonnants paysages génér

Savoir plus...

Des jeunes de Tata réalisent des courts documentaires sur le patrimoine local (Géoparc Jbel Bani)

Des jeunes de Tata réalisent des courts documentaires sur le patrimoine local (Géoparc Jbel Bani) Le complexe culturel de Tata a abrité en fin de semaine écoulée une soirée artistique marqu&e

Savoir plus...

Asile sanitaire : Michel Tarrier "comprend" et "partage" la fierté des Marocains

Asile sanitaire : Michel Tarrier "comprend" et "partage" la fierté des Marocains Philosophe et naturaliste français, amoureux du Maroc où il séjourne depuis plus de 30 ans, Michel Tarri

Savoir plus...

Le Géoparc Jbel Bani et Foum Zguid, à la porte du désert, la pastèque menace la nappe phréatique

Le Géoparc Jbel Bani et Foum Zguid, à la porte du désert, la pastèque menace la nappe phréatique A 170 km d’Ouarzazate, à Foum Zguid, c’est la porte du désert. Le tourisme

Savoir plus...

Les tags en relation

Recherche du site

Recherche avancée / Spécifique

Géoparc et Recherche Scientifique

Le coins de l’étudiant

Blog Géoparc Jbel Bani

Découvrez notre escpace E-commerce


Pour commander cliquer ci-dessous Escpace E-commerce

Dictionnaire scientifique
Plus de 123.000 mots scientifiques

Les publications
Géo parc Jbel Bani

Circuits & excursions touristiques

cartothéques

Photothéques

Publications & éditions