Bassin de la Moulouya : Les Réserves d’Eau en Hausse Malgré une Gestion Hydrique Toujours Fragile
le géoparc du jbel bani - tata

Vous êtes ici : Accueil > Vulgarisation à l'hydrogéologie > Gestion de l’eau – stress hydrique > Bassin de la Moulouya : Les Réserves d’Eau en Hausse Malgré une Gestion Hydrique Toujours Fragile

TSGJB

Bassin de la Moulouya : Les Réserves d’Eau en Hausse Malgré une Gestion Hydrique Toujours Fragile

Malgré un certain répit après des années de sécheresse, la situation hydrique dans le bassin de la Moulouya reste préoccupante, incitant les autorités à maintenir une gestion prudente. Bien que les récentes précipitations aient amélioré les réserves d’eau, avec un total de 394,208 millions de mètres cubes de stockage au 1er octobre 2024, les défis liés à la gestion durable de cette ressource vitale persistent. Cet article fait le point sur l’état actuel des barrages, les projets d’infrastructure en cours et les défis à venir pour cette région stratégique du Maroc.

Une amélioration notable des réserves en eau

Les récentes pluies ont contribué à une amélioration significative des stocks d’eau dans les barrages de la région. À la date du 1er octobre 2024, le stock total s'élève à 394,208 millions de mètres cubes, répartis entre plusieurs barrages clés : Tamalout (5,929 millions de m³, 13% de taux de remplissage), Hassan II (50,44 millions de m³, 14%), Enjil (3,884 millions de m³, 42%), Oued Za (215,708 millions de m³, 95%), Mohamed V (115,589 millions de m³, 70%) et Mechraa Hammadi (2,658 millions de m³, 57%). Le taux global de remplissage des barrages du bassin hydraulique de la Moulouya atteint ainsi 49%.

La vigilance reste de mise face à une situation encore fragile

Malgré cette reprise, l'Agence du Bassin Hydraulique de la Moulouya (ABHM) appelle à la prudence. Le bassin a été sévèrement touché par le stress hydrique ces dernières années, et les risques de gaspillage et de pollution des ressources en eau demeurent une menace. Il est donc essentiel de poursuivre les efforts de rationalisation et de préservation des ressources hydriques pour sécuriser durablement l’approvisionnement en eau.

Projets en cours et perspectives d’avenir

Le bassin de la Moulouya abrite plusieurs infrastructures hydrauliques majeures, dont les barrages Hassan II, Mohamed V, Machraa Hammadi, Oued Za et Enjil. Actuellement, des travaux de construction sont en cours pour deux nouveaux barrages, Targaoumadi (province de Guercif) et Béni Azzimane (province de Driouch), avec des taux d’avancement de 52% et 56% respectivement. Une fois ces barrages achevés, la capacité de stockage de la région atteindra 1,2 milliard de mètres cubes.

Parmi les projets stratégiques figure également la surélévation du barrage Mohamed V, dont l’avancement atteint 45%. Ce chantier portera la capacité de stockage de ce barrage à environ 1 milliard de mètres cubes, garantissant ainsi l’approvisionnement en eau potable des villes de Berkane, Oujda, Nador et Taourirt, et assurant l’irrigation des terres agricoles dans la plaine de la Moulouya.

Optimisation des ressources en eau et exploration des nappes phréatiques

En parallèle, un programme de prospection des nappes phréatiques a été lancé pour découvrir de nouvelles ressources souterraines. Trente forages ont déjà été réalisés dans les provinces d’Oujda, Taourirt, Berkane, Guercif, Nador, Driouch et Figuig, avec un débit global estimé à 535 litres par seconde.

Le bassin de la Moulouya face aux défis climatiques

Le bassin de la Moulouya, l’un des plus vastes du Maroc avec une superficie de 74 000 km², couvre quatre régions, dont l’Oriental, Fès-Meknès et une partie de Draa-Tafilalet. Il est soumis à un climat aride avec des précipitations annuelles moyennes de 211 mm, et doit composer avec des défis majeurs liés au changement climatique, à la demande croissante en eau et à l’urbanisation rapide.

En 2024, la gestion des ressources en eau du bassin de la Moulouya reste cruciale pour répondre aux besoins des secteurs agricole, industriel et domestique, tout en préservant les écosystèmes locaux. La pression exercée par le développement économique, la poussée démographique et les impacts du changement climatique nécessitent des stratégies de gestion hydrique à long terme, afin de garantir une utilisation durable de cette ressource précieuse.

Le 21/10/2024

Rédaction de l’AMDGJB Géoparc Jbel Bani

Imprimer l'article

Les articles en relation

« Exclusion dénoncée : Les agriculteurs de Zagoura réclament une répartition équitable des programmes de développement »

« Exclusion dénoncée : Les agriculteurs de Zagoura réclament une répartition équitable des programmes de développement » Dans la province de Zagoura, des programmes de déve

Savoir plus...

L’Adaptation au changement climatique dans les Oasis de la province du Tata au Maroc

L’Adaptation au changement climatique dans les Oasis de la province du Tata au Maroc Ce projet d'adaptation au changement climatique ayant lieu au Maroc vise à lutter contre les effets de changement climati

Savoir plus...

Un stage pour fabriquer un oyat, une technique d’irrigation ancestrale inventée il y a 4 000 ans

Un stage pour fabriquer un oyat, une technique d’irrigation ancestrale inventée il y a 4 000 ans Les oyats ne sont pas nés de la dernière pluie ! Les restrictions d'eau seront de mise cet ét&eacu

Savoir plus...

Gestion de l’eau : Les principaux griefs de l’Institut Royal des études stratégiques

Gestion de l’eau : Les principaux griefs de l’Institut Royal des études stratégiques Manque de connaissances, gestion chaotique des nappes phréatiques, mauvais choix agricoles, gouvernance boiteuse de

Savoir plus...

L'énergie éolienne en plein boom en Grande-Bretagne

L'énergie éolienne en plein boom en Grande-Bretagne En 2017, 15 % de l'électricité britannique provenait d'éoliennes, contre 10 % en 2016. Cette progression est liée à la f

Savoir plus...

Où, quand, pourquoi, comment est apparu l'Homme ?

Où, quand, pourquoi, comment est apparu l'Homme ?   Visio-conférence du lundi 15 février 2021, avec le paléontologue Yves Coppens. La recherche sur les origines de l’Homme remonte

Savoir plus...

L’écologie est une question sociale

L’écologie est une question sociale Lutter contre le réchauffement climatique, c’est protéger les plus fragiles. Car ce sont eux qui respirent le plus de particules fines, qui peinent à s&rsqu

Savoir plus...

Oued Akka

L’Adrar Metgourine A 11 km au Nord d’Akka, la gara de Metgourine se présente comme un îlot dominant la plaine à un coude de l'oued Akka. Du côté Ouest, elle offre un escalier de da

Savoir plus...

Journée internationale de la prévention des catastrophes

Journée internationale de la prévention des catastrophes «Plus 90% des catastrophes de grande ampleur sont des phénomènes climatiques extrêmes» Instituée par une résoluti

Savoir plus...

Conférence Internationale à Agadir : L'Importance du Sol dans le Développement Durable face aux Défis Climatiques

Conférence Internationale à Agadir : L'Importance du Sol dans le Développement Durable face aux Défis Climatiques Agadir – "Enracinés dans la résilience : Découvrir l&rs

Savoir plus...

Méditerranée : la quasi-totalité des sites Unesco menacés par le réchauffement climatique

Méditerranée : la quasi-totalité des sites Unesco menacés par le réchauffement climatique La lagune de Venise, la cité antique de Rhodes ou le site archéologique de Sabratha, en Libye

Savoir plus...

Stress hydrique : ne plus regarder ailleurs…

Stress hydrique : ne plus regarder ailleurs… Nous y voilà ! En plein stress hydrique ! C'était prévisible depuis des lustres, mais rien n'y fait : il faut faire face, faute d'avoir anticip&eacu

Savoir plus...

Les tags en relation

Recherche du site

Recherche avancée / Spécifique

Géoparc et Recherche Scientifique

Le coins de l’étudiant

Blog Géoparc Jbel Bani

Découvrez notre escpace E-commerce


Pour commander cliquer ci-dessous Escpace E-commerce

Dictionnaire scientifique
Plus de 123.000 mots scientifiques

Les publications
Géo parc Jbel Bani

Circuits & excursions touristiques

cartothéques

Photothéques

Publications & éditions