Le plancher océanique s'affaisse sous le poids de l'eau des calottes glaciaires qui fondent (Géoparc Jbel Bani)
La fonte des glaces fait monter le niveau des océans. Mais cette masse d'eau additionnelle entraîne aussi un enfoncement du plancher océanique d'environ 0,11 millimètre par an. De quoi atténuer (un peu) l'élévation du niveau de la mer.
La mer monte. Signe indubitable du réchauffement climatique, la montée des eaux menace de faire disparaître des îles et des territoires entiers. La hauteur de l'océan est déterminée par le volume d’eau et par les modifications de la topographie du fond océanique. Jusque dans les années 2000, la variation du niveau de la mer était essentiellement liée à l'expansion thermique : la hausse des températures entraîne une augmentation du volume d'eau mais sans modifier sa masse. Depuis ces dernières années, un autre phénomène a pris le pas sur l'expansion thermique : la fonte des calottes glaciaires du Groenland et de l'Antarctique. Or, contrairement à l'expansion thermique, cette dernière accroît la masse d'eau, ce qui fait peser un poids plus lourd sur le fond océanique.
Montée des eaux : la correction glaciaire isostatique
Ce phénomène, appelé rebond postglaciaire (correction glaciaire isostatique ou GIA), a déjà été observé lors de la dernière déglaciation il y a 20.000 ans. Il entraîne un transfert de charge du continent, qui est libéré du poids de la glace, vers l'océan. Ceci aboutit à une déformation du fond océanique, relativement élastique, qui s'enfonce et s'agrandit. Ce phénomène, bien connu des scientifiques, atténue la hausse des océans (le « contenant » pour le volume d'eau étant plus grand). Mais il était jusqu'ici considéré comme négligeable, car inférieur à la plage d'incertitude sur l'amplitude de l'élévation de l'océan. Ce ne serait plus le cas aujourd'hui, avance une nouvelle étude parue dans Geophysical Research Letters.

Dans certaines régions, le niveau de la mer est monté de 15 à 20 cm entre 1993 et 2018. Les pastilles de couleur correspondent aux régions où la hausse est amplifiée ou atténuée par des phénomènes géologiques. © NOAA Climate.gov
Un affaissement du plancher océanique de 0,11 mm par an
Les chercheurs ont calculé que le poids supplémentaire de l'eau avait entraîné un affaissement du plancher océanique se traduisant par une baisse du niveau de la mer de 0,11 millimètre par an pour la période 2005-2015. Pas de quoi compenser l'élévation totale, estimée à 3,1 millimètres par an par une vaste étude de 2018 menée par plus de 60 institutions et équipes de recherche. Celle-ci, qui ne prend pas en compte la GIA, considère l'expansion thermique, la fonte des glaciers, la calotte du Groenland et de l'Antarctique, ces derniers comptants respectivement pour 52 %, 21 %, 15 % et 8 % de l'élévation sur la période 1997-2018. Selon cette étude, la hausse du niveau des océans subirait une accélération de 0,1 millimètre par an ces dernières années. Le Giec prévoit pour sa part une élévation des océans comprise entre 30 centimètres et un mètre d'ici 2100.

Élévation du niveau des océans au XXIe siècle selon les différents scénarios du Giec. © European Environment Agency (EEA)
Cette marge d'erreur très importante est liée aux nombreuses incertitudes des différents facteurs affectant la hausse du niveau de la mer (ampleur du réchauffement atmosphérique, vitesse de fonte des glaciers et de la banquise, modification des courants océaniques, tectonique des plaques, libération dans la mer des eaux continentales, dépôt de sédiments, évaporation...). De plus, cette élévation va présenter d'importantes variations régionales, en raison notamment de la distribution non uniforme de la température de l'océan et de la salinité. La fonte des glaciers devrait ainsi entraîner une amplification de l'élévation dans les océans tropicaux de 20 % à 30 % par rapport au niveau global. À l'inverse, les zones de hautes latitudes « libérées » des glaciers vont connaître un soulèvement et devraient donc subir une montée des eaux relativement moindre. En 2018, une étude publiée dans Science avait ainsi montré que le sol sous la glace dans la baie de la mer d'Amundsen, en Antarctique ouest, s'élève de 4,1 centimètres par an.
Bramha Dutt Vishwakarma, chercheur à l'université de Bristol et principal auteur de l'étude de Geophysical Research Letters, reconnaît que l'affaissement de l'océan n'aura pas un impact significatif sur le niveau des océans. Mais il appelle à inclure la GIA dans les équations pour calculer les futures élévations.
Le 04/02/2020
Source web Par futura-sciences
Les articles en relation
Un carnaval a sillonné la ville Tan-Tan mettant en valeur le patrimoine culturel sahraoui (Géoparc Jbel Bani)
Un carnaval a sillonné la ville Tan-Tan mettant en valeur le patrimoine culturel sahraoui (Géoparc Jbel Bani) Tan-Tan - Un carnaval mettant en valeur le patrimoine culturel sahraoui a sillonné, dimanche la ville
Savoir plus...
15ème édition du Moussem de Tan-Tan sous le thème «Le Moussem de Tan-Tan, porteur de la culture nomade universelle » (Géoparc Jbel Bani)
15ème édition du Moussem de Tan-Tan sous le thème «Le Moussem de Tan-Tan, porteur de la culture nomade universelle » (Géoparc Jbel Bani) La quinzième édition du Moussem de Tan-Tan
Savoir plus...
Assa-Zag : Lancement du programme d’appui à la « tente sahraouie » (Géoparc Jbel Bani)
Assa-Zag : Lancement du programme d’appui à la « tente sahraouie » (Géoparc Jbel Bani) Guelmim – Le coup d’envoi du programme d’appui à la « tente sahraouie » visan
Savoir plus...
L'utilisation du terbium (Géoparc Jbel Bani)
L'utilisation du terbium (Géoparc Jbel Bani) Le terbium (Tb) est un lanthanide. C'est une source non renouvelable extraite du sable de monazite et sa production mondiale n'excède pas une dizaine de tonnes pa
Savoir plus...
Parc national de Khenifiss (Géoparc Jbel Bani)
Parc national de Khenifiss (Géoparc Jbel Bani) Le Site d’Intérêt Biologique et Écologique (SIBE) de Khenifiss sur le littoral atlantique. Situé au Sud-Ouest du Maroc, entre Tan Tan et Tarfaya,
Savoir plus...
200 personnalités appellent à sauver la planète en urgence
200 personnalités appellent à sauver la planète en urgence Bien connu des lecteurs de Futura, l'astrophysicien Aurélien Barrau, en compagnie de l'actrice Juliette Binoche, est à l'origin
Savoir plus...
Planter des arbres après avoir réservé un billet d’avion ne sert à rien
Planter des arbres après avoir réservé un billet d’avion ne sert à rien Arrêtons de planter n'importe où et n'importe comment Pour lutter contre son éco-anxiét&e
Savoir plus...
CO2 dans l'atmosphère : une concentration record
CO2 dans l'atmosphère : une concentration record Avec 403 parties par million (ppm) de CO2 dans l'atmosphère en 2016, un record est battu, qui datait de plusieurs millions d'années. Pour réduir
Savoir plus...
Le moustique tigre a conquis Paris et plus de la moitié de la France
Le moustique tigre a conquis Paris et plus de la moitié de la France Le moustique tigre, une espèce capable de transmettre des maladies telles que la dengue, le Chikungunya et le Zika, poursuit sa progression en France
Savoir plus...
Les oasis se meurent, il y a péril en la demeure (Géoparc Jbel Bani)
Les oasis se meurent, il y a péril en la demeure (Géoparc Jbel Bani) Greenpeace tire la sonnette d’alarme. « Les oasis marocaines sont en danger». L’ONG écologique mondiale vient justement
Savoir plus...Les tags en relation
En savoir plus sur " Définition de la Climatologie "
Consulter les vidéos de " Définition de la Climatologie " Consulter les photos de " Définition de la Climatologie " Consulter les publications de " Définition de la Climatologie " Consulter les éditions de " Définition de la Climatologie " Consulter les communications de " Définition de la Climatologie "Recherche du site
Recherche avancée / Spécifique
Géoparc et Recherche Scientifique
Le coins de l’étudiant
Blog Géoparc Jbel Bani
Dictionnaire scientifique
Plus de 123.000 mots scientifiques
Les publications
Géo parc Jbel Bani
Circuits & excursions touristiques
cartothéques
Photothéques
Publications & éditions
