La Nasa envisage de coloniser Vénus avec des dirigeables
L'idée semble folle mais elle ne l'est pas. Vénus serait plus facilement colonisable que Mars sous forme de mini-biosphères flottant à l'aide de ballons à une certaine altitude dans son atmosphère.
Les médias anglo-saxons ont remis sur le devant de la scène un projet, toujours en cours d'étude, de certains membres de la Nasa appelé High Altitude Venus Operational Concept (Havoc). Futura en avait un peu parlé dans un contexte plus large (voir article ci-dessous). Mais on ne comprend pas bien pourquoi ce brusque engouement pour un projet qui n'a toujours pas fait de progrès notables, même s'il repose en fait sur un brillant concept déjà exploré par des chercheurs russes au cours des années 1970. Peut-être s'agit-il d'une stratégie de communication pour promouvoir auprès des décideurs un tout autre projet nécessitant des fonds, à savoir un retour vers Vénus pour poursuivre son exploration, en particulier avec des ballons.
Une présentation du projet Havoc. © Vidéo From Space
Toujours est-il que l'on parle non seulement d'envoyer une mission habitée en direction de Vénus avec Havoc, mais aussi d'une véritable colonisation de l'étoile du Berger à l'aide de ballons. Ces deux concepts sont loin d'être farfelus. Il faut savoir, par exemple, que dès les années 1960, la Nasa avait envisagé d'utiliser la technologie en cours de développement, avec le programme Apollo, pour aller beaucoup plus loin. Un survol de Vénus avec trois astronautes utilisant des modules Apollo, lancés par une Saturne V, était envisagé à l'horizon 1973-1974.
Les Russes, quant à eux, avec l'aide du Cnes, ont fait voler à environ 50 kilomètres d'altitude des ballons dans l'atmosphère de Vénus au cours des deux missions Vega 1 et Vega 2, en 1985.
Des biosphères flottant dans l’atmosphère de Vénus
Ce n'était sans doute pas une performance anodine. Dès le début des années 1970, les Russes envisageaient de coloniser Vénus à l'aide de grosses structures constituant des sortes d'oasis volantes pouvant contenir des biosphères en réduction comme celle de Biosphère 2, située à Oracle, dans le désert de l'Arizona. Les conditions infernales à la surface de Vénus rendent hautement improbable l'établissement de ces bulles de vie.
Jane Poynter nous dévoile ses deux ans et vingt minutes vécus dans la biosphère 2. Une expérience qui l’a amenée à étudier comment maintenir la vie dans le plus dur des environnements. Conférence tenue à l’université de Californie du Sud. Pour obtenir une traduction en français assez fidèle, cliquez sur le rectangle blanc en bas à droite. Les sous-titres en anglais devraient alors apparaître. Cliquez ensuite sur l’écrou à droite du rectangle, puis sur « Sous-titres » et enfin sur « Traduire automatiquement ». Choisissez « Français ». © TEDx
On peut sérieusement se demander si des colonies dans l'atmosphère de Vénus ne seraient pas nettement plus faciles à construire et à faire prospérer que des colonies sur Mars. Dans l'esprit des idées d'Elon Musk, plutôt que Mars, Vénus constituerait probablement une meilleure assurance contre la destruction de l'Humanité qui pourrait bien se produire d'ici la fin du XXIe siècle.
En effet, à une certaine altitude dans l'atmosphère de Vénus, les températures et les pressions sont comparables à celles que l'on peut trouver dans des régions habitables sur Terre ; elles sont de plus particulièrement stables. Il y a beaucoup de gaz carbonique et des ressources en azote qui permettraient de faire pousser facilement des plantes, sans parler de la vapeur d'eau que l'on pourrait aussi exploiter bien qu'elle soit en faible quantité. Et bien que Vénus n'ait pas de bouclier magnétique, le niveau de radiations est bien plus faible qu'à la surface de Mars. La gravité est aussi comparable à la surface de la Terre, l'atmosphère protège des météorites comme sur Terre et enfin l'énergie solaire est bien plus abondante que sur notre planète bleue, et a fortiori que sur la Planète rouge.
Bref, il existe un grand nombre d'avantages, et quelques inconvénients, en ce qui concerne l'établissement de colonies supportées par des ballons dans l'atmosphère de Vénus. On peut s'en convaincre en lisant le petit livre qu'a consacré à ce sujet le mathématicien et inventeur Robert Walker.
Publié le 28/10/2018
Source web par: futura sciences
Les articles en relation
Patrimoine : Des artisans marocains en Afrique du Sud
Patrimoine : Des artisans marocains en Afrique du Sud Dans la ville sud-africaine de Durban, un projet de transformation d’une église en mosquée a nécessité de faire appel à l’expertise
Savoir plus...
La genèse du relief : paroxysme hercynien et rajeunissement fini Tertiaire Pour J. Riser (l’Anti-Atlas)
La genèse du relief : paroxysme hercynien et rajeunissement fini Tertiaire Pour J. Riser (l’Anti-Atlas) 3L’histoire géologique de l’Anti-Atlas est aussi longue et complexe que celle du craton africain
Savoir plus...
Mars 2020 : un hélicoptère sur la Planète rouge
Mars 2020 : un hélicoptère sur la Planète rouge La mission Mars 2020 de la Nasa sera passionnante et très ambitieuse. De par ses objectifs scientifiques mais aussi parce qu'elle réalisera une co
Savoir plus...
Igountar & Oukaïmeden
Igountar & Oukaïmeden Une partie importante des gravures de l’Oukaïmeden se trouve au centre même de la station au milieu des terrains des chalets; il vous suffit de demander dans les caf&eacut
Savoir plus...
Le travail du tissu : De la décoration aux vêtements...
Le travail du tissu : De la décoration aux vêtements... Le tissage fait son apparition au Maroc aux environs de 1500 avant J.C., il fait partie désormais du fleuron de l'artisanat marocain. Il regroupe de n
Savoir plus...
Des insectes porteurs de virus : un projet américain qui inquiète des scientifiques
Des insectes porteurs de virus : un projet américain qui inquiète des scientifiques Selon un collectif de chercheurs, le programme de recherche de la Darpa visant à inoculer des gènes de résistance
Savoir plus...
Vague
Vague Du point de vue du physicien, une vague correspond à une onde mécanique qui se propage à l'interface entre la surface de l'eau et l'air. Celle-ci se caractérise par sa longueur d'onde
Savoir plus...
L'artisanat marocain : Un gisement économique en crise...
L'artisanat marocain : Un gisement économique en crise... Aujourd'hui, force est de constater que le secteur de l'artisanat au Maroc est en pleine crise. Il souffre en effet de son manque d'organisation et d
Savoir plus...
CO2 dans l'atmosphère : une concentration record
CO2 dans l'atmosphère : une concentration record Avec 403 parties par million (ppm) de CO2 dans l'atmosphère en 2016, un record est battu, qui datait de plusieurs millions d'années. Pour réduir
Savoir plus...
Mars : des roches granitiques révèlent un passé terrestre
Mars : des roches granitiques révèlent un passé terrestre Une étude publiée dans Nature Geoscience révèle que la météorite martienne NWA7533, surnommée Black Beaut
Savoir plus...
Bien-être et santé par la nature
Bien-être et santé par la nature Arbres, fleurs, soleil nous entourent au quotidien mais nous n'imaginons pas à quel point ils jouent un rôle dans notre vie. Humeur, comportement, émotions d&eacut
Savoir plus...
Empreintes de dinosaures : la plus longue piste de sauropode est en France!
Empreintes de dinosaures : la plus longue piste de sauropode est en France! En 2009, la découverte d'empreintes d'un dinosaure gigantesque, à Plagne, dans le massif du Jura, avait été annoncé
Savoir plus...Les tags en relation
En savoir plus sur " Vulgarisation à L’espace "
Consulter les vidéos de " Vulgarisation à L’espace " Consulter les photos de " Vulgarisation à L’espace " Consulter les publications de " Vulgarisation à L’espace " Consulter les éditions de " Vulgarisation à L’espace " Consulter les communications de " Vulgarisation à L’espace "Recherche du site
Recherche avancée / Spécifique
Géoparc et Recherche Scientifique
Le coins de l’étudiant
Blog Géoparc Jbel Bani
Dictionnaire scientifique
Plus de 123.000 mots scientifiques
Les publications
Géo parc Jbel Bani
Circuits & excursions touristiques
cartothéques
Photothéques
Publications & éditions
