Changement climatique : Quel scénario pour le Maroc en 2050 ?
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Changement climatique : Quel scénario pour le Maroc en 2050 ?

L’Institut royal des études stratégiques vient de publier son dernier rapport

L’Institut estime que la sécurité alimentaire du pays serait affectée et sa dépendance aux aliments importés serait amplifiée. Le Maroc devra s’attendre à une intensification de la migration climatique avec l’accentuation de l’exode rural et l’émigration subsaharienne.

Comment le changement climatique affectera-t-il le Maroc en 2050 ? L’Institut royal des études stratégiques (Ires) s’est intéressé à cette problématique en publiant son dernier rapport stratégique 2017 sur «les enjeux planétaires de la biosphère». Selon les auteurs du rapport, le Maroc fera face à une accentuation du stress hydrique. Sous la pression démographique et le changement climatique, le capital eau par habitant   variera entre 465 m3/habitant/an selon le scénario pessimiste et 520 m3/habitant/an selon le scénario optimiste à l’horizon 2050. Et par conséquent, les coûts de production et d’exploitation des ressources en eau seront de plus en plus élevés. Parmi les autres impacts, il y a lieu de relever une baisse de la productivité agricole.  «Si rien n’était entrepris, le changement climatique se solderait par une réduction des rendements agricoles. Cette baisse serait plus prononcée pour les cultures pluviales et celles pour lesquelles le progrès technologique ne permettrait pas d’inverser la tendance», note le rapport. Il est aussi prévu un accroissement des besoins en eau  des cultures irriguées. L’Institut estime que la sécurité alimentaire du pays serait affectée et sa dépendance aux aliments importés serait amplifiée.

Le Maroc devra s’attendre à une intensification de la migration climatique avec l’accentuation de l’exode rural et l’émigration subsaharienne.

Perte de la biodiversité

A l’horizon 2050, 22% de la flore et plusieurs espèces d’oiseaux et de mammifères pourraient disparaître. Selon le document, l’élévation du niveau des mers et l’accroissement de la salinité modifieraient la faune et la flore, accentueraient l’érosion des plages marocaines et menaceraient les habitats et les infrastructures longeant la côte. Autre conséquence majeure : la vulnérabilité croissante des espaces oasiens. Ceux-ci seraient confrontés aux risques de sécheresse, d’invasion acridienne et d’incendie. Les activités touristiques seraient impactées par les extrêmes climatiques.

Hausse des températures et baisse des précipitations

Dans son rapport, l’Ires prévoit une augmentation de la température : élévation, à l’horizon 2100, de la température de +1°C selon les régions. Dans les zones oasiennes, la hausse sera de l’ordre de 1 à 2,2°C, avec une augmentation du nombre de jours de vagues de chaleur estivales (de 15 à 25 jours par an). Les précipitations seront en baisse de 20% à 50% en moyenne, d’ici la fin du siècle, par rapport à la période 1960-1990.

L’élévation du niveau des mers pouvant entraîner, d’ici 2050, la submersion des côtes basses, une érosion côtière qui pourrait, à l’horizon 2050, emporter près de la moitié de la superficie des plages (72% à l’horizon 2100).

12 millions de tonnes de déchets en 2020

Le recyclage des déchets demeure un véritable problème n’excédant  pas les 10% au  niveau  national.

Pour ce qui est des déchets médicaux et pharmaceutiques, ceux-ci sont estimés à 21.000 tonnes par an. L’émergence de nouvelles maladies et de nouveaux médicaments pour y remédier pourrait amplifier ces déchets. L’Institut estime que le volume  des déchets pourrait  atteindre 12 millions de tonnes en 2020, soit le double par rapport à 2014.

Selon la Banque mondiale, les coûts économiques de la dégradation de l’environnement au Maroc, liés à la faible performance, en matière de gestion des déchets solides, représentent près de 0,5% du PIB.

Source web par aujourdhui

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